DR FABIENNE REGARD

 

MON IMPLICATION DANS LE COURS

 

Je suis devenue l’assistante de Lucienne Skopek et à ce titre, j’ai eu l’immense chance de l’accompagner dans tous ses séminaires et ses vols de fin de stage. Petit à petit, ma peur a complètement disparu et s’est transformée en plaisir. Chaque vol me permit de mesurer mes progrès et d’apprécier la liberté gagnée.

 

Après cette formation pratique, je me suis formée sur un plan plus théorique, ce qui ne fut pas trop difficile car mon doctorat portait sur la mémoire collective de personnes menacées d’extermination et donc dans ce cadre, j’avais déjà eu recours à des notions de psychologie (mémoires traumatiques).

 

A partir de 1995, j’ai commencé à animer ce séminaire à ma façon, en créant une « Association des Anciens ». J’avais remarqué à quel point le fait d’avoir pu accompagner chacun de ces vols de fin de stage, en tant qu’assistante m’avait permis de m’en sortir à long terme.

 

En 1997, il y eut 29 participants. En 1998, 56 participants. En 1999, 67 participants. En 2000, il y eut 83 participants et cela ne cesse de croître depuis et nous devons aujourd’hui reporter les inscriptions aux cours qui affichent tous « complet » parfois des mois à l’avance. Actuellement, nous aidons environ 200 personnes par an…

 

Ce stage a changé ma vie et c’est devenu le but principal de celle-ci : travailler sur la liberté, continuer à progresser, et aider les Autres à profiter de la même dynamique.

 

MON EXPERIENCE D'AEROPHOBE

J’ai suivi le séminaire en 1992. Alors que j’étais en train d’achever mes études de doctorat en sciences politiques à Genève, j’ai découvert que je ne pouvais pas continuer à m’engager dans la voie d’une carrière diplomatique puisque j’étais absolument incapable de prendre l’avion.

 

Lorsque j’avais effectué mon premier vol, j’ai vécu une telle crise de panique que j’ai commencé à ressentir des vertiges et des sensations d’étouffement et de mort imminente. Ce mal être avait duré presque quatre heures.

 

Malheureusement, il fallait rentrer. et immédiatement, la peur anticipatoire du retour m’a saisie. Impossible de penser au retour sans trembler, sans commencer à ressentir ces angoisses. Ce retour, je ne l’ai pas fait une fois, mais des centaines de fois, jour et nuit pendant les quelques semaines où je suis restée sur place.

 

Au retour, je me suis précipitée chez différents médecins et spécialistes qui m’ont assurée qu’ils ne décelaient aucun problème physiologique. Peu à peu, j’ai dû accepter que j’étais aérophobe.


Refusant cette réalité, j’ai retenté un vol pour la même destination. Même punition. Même délire. Et la fin d’un rêve car cela signifiait pour moi la fin de mes ambitions professionnelles dans le domaine de la diplomatie.

FINALITES

 

Ce stage vise à donner la possibilité aux femmes et aux hommes qui ne se sentent pas à l’aise en avion de suivre un stage de désensibilisation à la peur de décoller, de voler et d’atterrir.

 

Il concerne donc les 30 % environ de passagers qui essaient d’éviter de prendre l’avion lorsqu’ils ont le choix ainsi que ceux qui ont définitivement renoncé à utiliser ce moyen de transport. Nous n’avons pas de statistiques concernant cette catégorie mais on estime à plus de 50 %, la proportion de la population qui ne serait pas à l’aise en avion.

 

Aux Etats-Unis, une enquête du MIT chiffrait à 6 millions le nombre de vols d’affaires annulés à cause de la peur en 1986. Reconnaître et accepter qu’on a peur en avion est la première étape à franchir. S’inscrire à un stage qui risque de changer notre vie est la deuxième …

 

Même si la peur de l’avion est majoritairement masculine dans la population globale (par exemple, des hommes d’affaires perfectionnistes qui ont de la peine à déléguer et à faire confiance aux autres), les femmes participent volontiers à ces séminaires.